mardi 2 janvier 2007

démenti... qui dit la vérité... Et Don Quichotte alors ???

Voilà que j'me fais engueuler... Il semblerait que Noah en Suisse, c'est même pas vrai, même qu'il l'a dit lui même alors voyez si c'est vrai... Bon, si Noah est vraiment cohérent, je m'en félicite et lui présente mes plates excuses d'internaute victime d'un "buzz".
Bon, puisque j'y suis, soyons fou et parlons un peu des SDF et des "Enfants de Don Quichotte". Qui sont ces gens qui se sont organisés aussi vite ? De simples citoyens choqués par un situation effectivement difficile ? Ou bien des professionnels de l'agit prop ? Il est assez intéressant d'entendre les responsables du DAL se manifester à leur tour et "réquisitionner" un immeuble hier... Il y a pour tout dire de la surenchère dans l'air. D'ailleurs, pour revenir à notre démenti précédent, on me dit qu'Emmanuelle Béart, qui a je crois passé quelques minutes au Canal Saint Martin, est aussi domiciliée en Suisse... Merci de vérifier si vous avez le temps.
Bon, ceux qui me connaissent auront reconnu là mon allergie profonde aux trotskistes et à leurs façons d'agir. Je l'avoue, j'ai du mal avec l'ultra-gauche. Cela dit, le problème du logement est bien réel et on ne va pas se contenter de regarder passer le train sans rien dire !
Quelques remarques générales sur la question : un aspect crucial du problème, c'est évidemment le coût du logement. L'évolution des prix depuis une dizaine d'années est insupportable pour la plupart des ménages modestes. Elle creuse les écarts entre les revenus du travail et ceux du capital. Elle entraîne de fortes hausses des loyers... Bref, quand Ségolène parle de "vie chère", le problème majeur est certainement celui-là.
Il ne faudrait cependant pas oublier des aspects un peu passés sous silence qui viennent se greffer là-dessus et aggraver les choses. D'abord, la crise de la famille n'arrange rien : un divorce, une séparation, c'est deux logements au lieu d'un et sans augmentation des revenus des deux protagonistes. Mécaniquement, la multiplication des séparations pousse les loyers à la hausse tout en poussant à la baisse le revenu disponible. On ne va pas interdire le divorce, mais on ne peut pas non plus passer totalement sous silence la part de la responsabilité individuelle dans la création puis la continuité d'une vie familiale, et la paupérisation qu'engendre sa mise à mal. On m'objectera à juste titre qu'un nombre non négligeable de familles se recomposent et retrouvent ainsi un pouvoir d'achat plus décent. Cependant, il est statistiquement prouvé aujourd'hui que le nombre des familles vivant avec une mère seule est en progression. Il doit bien y avoir quelques fraudes au "parent isolé" mais seulement à la marge. On peut partant de là se poser la question d'un meilleure "éducation affective", qui peut-être éviterait quelques uns des drames de la séparation... Mais cela supposerait qu'il y ait un certain consensus sur cette éducation, ce qui semble aujourd'hui difficile : tous les modes de vie sont peu ou prou considérés comme égaux, on se refuse à faire des distinctions de peur de paraître "juger" ou d'entraver la liberté individuelle, et la priorité n'est pas d'éduquer mais de "combattre".
On lutte contre les violences faites aux femmes, ce qui est évidemment indispensable, mais sans se demander vraiment pourquoi elles existent et comment essayer d'éduquer les jeunes dans ce domaine. Les seules réponses apportées actuellement consistent à diaboliser le mâle, responsable à 100% du problème, sans se demander si ce ne sont pas plutôt les modes relationnels qui sont en cause, voire le paradoxe insupportable d'une société qui nous invite sans cesse à contempler et convoiter tout en interdisant absolument de toucher. Le niveau de frustration s'élève forcément, et il influe sur le niveau de violence.
On lutte contre le Sida, et on s'aperçoit que les campagnes échouent, que "l'usage du préservatif" est moins évident qu'il y a dix ans. Au lieu de se demander pourquoi les campagnes ne fonctionnent pas bien, on propose de les intensifier. Comme si faire plus de la même chose -"more of the same"-allait régler le problème... On ne se demande même pas s'il est productif ou contre-productif d'inviter sans cesse la population à faire l'amour, mais avec un préservatif. Si ces campagnes ne développent pas plus la frustration que la responsabilité, si elles ne partent pas un peu trop du principe que toutes et tous n'ont qu' à claquer des doigts pour trouver un partenaire disponible...
Aujourd'hui, on va lutter contre le problème des SDF. Le combat est juste, mais les termes n'en sont pas toujours clairement posés. Notre Président nous parle d'un "droit opposable", ce qui l'honore après 12 ans de mandat. Il faudrait peut-être clarifier les choses : dans nos rues, il y a un nombre non négligeable de SDF qui sont aussi des sans-papiers expulsables... Que faisons nous pour cette catégorie ? Allons-nous en France accorder le droit au logement à tout sans-abri ? Vous allez me rire au nez et me dire que je pose des faux problèmes. Il me paraît cependant essentiel que de telles questions soient discutées et que chacun y apporte sa réponse : en effet, si on offre un logement aux SDF qui peuvent justifier de leur nationalité (française, européenne...) il en restera dans nos rues un nombre important pour lesquels des associations se mobiliseront à nouveau. Et on parlera de discrimination honteuse entre les uns et les autres... On fait quoi ? Personne ne pose la question me semble t'il.
Par ailleurs, la question du logement social est régulièrement posée. Ce qui est rarement souligné, c'est le fait qu'un grand nombre de personnes ne relevant pas des critères habituels du logement social occupent des appartements dans ce secteur. Cela arrange tout le monde pour de bonnes et de mauvaises raisons : les sociétés HLM perçoivent un sur-loyer de la part des locataires dont les revenus sortent des clous, ceux ci paient un loyer inférieur à ce qu'ils paieraient en secteur privé et leur présence assure un peu de brassage social dans les HLM... A Paris, cette situation est fréquente. Bien sûr, chacun comprend qu'un locataire ne souhaite pas payer beaucoup plus cher, au risque de perdre en revenu disponible lorsqu'il passe du HLM au secteur privé. Mais cela pose la question du rôle du logement social, et de la réglementation en France. Comment faire pour que le parc de logements puisse profiter en priorité à ceux qui en ont le plus besoin au moment où ils en ont vraiment besoin ? Comment assurer un renouvellement suffisant, qui permette de libérer des logements ? La solution répétée actuellement sur tous les tons, c'est la construction de logements neufs. Elle est nécessaire, mais on peut aussi de demander jusqu'à quel point il est souhaitable d'augmenter le nombre des logements "aidés", s'il est bon qu'une part croissante de la population habite dans des appartements gérés par le secteur public ou para-public.
Face à cette situation, certains prônent l'accession à la propriété comme solution. Certes, elle est en général souhaitée par beaucoup et souvent synonyme de meilleur entretien et d'attention plus grande à l'environnement qui va déterminer la valeur de revente. La propriété peut cependant avoir l'inconvénient de fixer les gens à une époque où la mobilité paraît se développer. Elle ne peut se concevoir qu'accompagnée de mesures facilitant la revente, d'un minimum de garantie sur l'investissement et d'un allègement des taxes dans le cadre d'un déménagement à caractère professionnel.
Ce qui me laisse parfois sans voix, c'est la simplicité des slogans et l'indigence des discussions. Dire "Un logement pour tous", c'est le signe d'un belle âme, parfois doublée d'un sens solide de l'agit-prop, mais ça ne peut pas suffire... Dire qu'"il faut construire du logement social", c'est une incantation qui ne va pas au fond de la question. Dire qu'"il ne faut plus voir de gens dormir dehors", c'est parler de fraternité mais on ne peut pas en rester là...
Pour ma part, j'ai plus de questions que de réponses dans ce domaine. Mais j'aimerais au moins que les questions soient évoquées, traitées et débattues. Car les beaux principes et les coups de menton ne règlent jamais les problèmes en profondeur.

2 commentaires:

alain a dit…

Salut JC c'est Alain ton ami Parisien.
Pas grand chose à rajouter à ton article que je trouve juste, pertinent...Ca me rappelle les 35 heures...on part d'une excellente idée mais faute de courage ca aboutit à un contre-sens , moi j'aurais été Heureux de bosser 35h payées 35 ( et pas 39) pour pemettre des embauches...Les sans logement c'est pareil...Je suis d'accord pour ...faire appliquer la loi SRU et faire construire un nombre suffisant de HLM, meme dans les "beaux quartiers"...qui y gagneront en vie et en jeunesse et en mixité.
De la à laisser penser qua chacun a droit ...à tout ...sans rien devoir juste en réclamant ...c'est Facilité, égalité, débilité...
On serait le pays le plus riche du monde on pourrait financer un tel projet , comme à Dubai ou chacun a un travail et un logement garanti, mais on reve un peu non ?
A bientot, ce fut mon premier babyblog !

alain a dit…

Anecdote et lecon de tolérance....sur les discriminations...un homme rentre dans une cafétéria, s'installe à table avec une soupe de poireaux mais se relève pour alle chercher une cuiller , de retour il trouve son assiette entreprise par un noir..sur le point de céder à la colère , il croise le regard amusé des gens autour de lui..et se calme...se ravise...et sans mot dire s'installe a coté du noir...et mange avec lui dans l'assiette....L'assiette fini le noir se lève et revient avec un gros plat de spaguetti bolognaise et ...deux fourchettes...il en offre une à notre individu qui se dit c'est normal il me rend la monnaie...de ma soupe...c'est peut etre des coutumes en Afrique tout cela....peu après, rassasié, il prend le temps de regarder la salle, les tables autour de lui, la table derrière lui...ciel son assiette de soupe...froide...il s'excuse...remercie le noir de son hospitalité...et lui promet de lui payer les pates le lendemain....