Lu ce matin sur le site du MONDE
Entre Ségo et Sarko..., je choisis Bayrou LE MONDE 27.01.07
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-860474@45-1,0.html
Micro trottoir intéressant parce qu'il me semble résumer beaucoup de ce que j'entends autour de moi... C'est vrai, Bayrou ne ratisse pas beaucoup dans les couches les plus populaires de l'électorat. Comme pour le OUI à l'Europe, son électorat est plutôt côté cadres. C'est vrai aussi, il a assez peu de charisme et réussit même parfois à être un peu ridicule... Sur France 2 par exemple, lorsqu'il avait dit à une dame qui racontait ses déboires en matière d'emploi que "ce que vous dites madame est beau", il s'était fait proprement ridiculiser. Pour autant, certains de ses thèmes font mouche, en particulier sur la dette et sur l'Europe. Et il nous sort de la bipolarisation qui lasse beaucoup de gens et va finir par favoriser un effet 21 avril à ce train-là...
Personnellement je voterai Bayrou au premier tour, sans aucune illusion. En effet, en tant que telle, la démarche centriste est vouée à l'échec. Par ses origines, l'UDF est profondément de droite, même si elle cherche à s'affranchir des liens du sang. Si Bayrou fait un gros score au premier tour, 15% par hypothèse -irréaliste au jour d'aujourd'hui, mais imaginons qu'un gamin lui fasse encore les poches...- et que le duel annoncé Royal (25 à 30%) contre Sarkozy (même total) ait lieu, Bayrou va connaître un problème sérieux : ne pas donner de consigne de vote est l'attitude la plus logique par rapport à ses positions actuelles, mais dans ce cas il se condamne en gros à ne jouer aucun rôle sur la scène politique des cinq années qui suivent, sinon le rôle de l'imprécateur impuissant... Au mieux du mieux, il aura un groupe parlementaire à l'Assemblée pour défendre ses idées, avec bien peu de chances de la jouer à la Genscher en Allemagne (d'antan), groupe pivot qui faisait et défaisait les gouvernements... Il est probable que les législatives donnent une majorité au président que la France aura élu.
Deuxième hypothèse, celle de l'alliance avec un des deux camps, hypothèse qui a l'énorme inconvénient de paraître renier le credo de sa campagne, le ni droite ni gauche, pour rallier opportunément un des deux camps... Donc perte de crédibilité, légèrement atténuée peut-être par l'affichage d'un pacte électoral autour d'un programme que l'UDF aurait infléchi à son goût... Dans ce cas, de toute façon, on sait bien que "personne n'est propriétaire de ses voix" et on verra une partie de l'électorat Bayrou retourner à sa famille d'origine -la gauche modérée- et voter Ségo sans enthousiasme et par peur de Sarkozy, et l'autre partie voter Sarko avec un peu de crainte vis à vis de l'homme, mais la conviction que la France a plus à gagner des solutions de droite que de celles de gauche.
En tout état de cause, je ne crois pas à une alliance PS/UDF. Elle est contre nature et je suis persuadé que les élus UDF la refuseraient majoritairement. Quant à l'alliance UMP/UDF, elle remet en cause la crédibilité de la démarche Bayrou... comme je l'ai dit plus haut.
Bref, je crois vraiment que la démarche de Bayrou, guidée par un mélange subtil d'orgueil un peu gaullien et de véritable envie d'une autre politique, est grosso modo une impasse... Alors pourquoi voter pour lui quand même ? J'aime bien ce que disent certains interviewés du Monde : Strauss-Kahn ou Jospin, oui, mais Ségo c'est vraiment léger. Je crois que les déçus de Strauss-Kahn sont très nombreux chez Bayrou. Ou encore : Bayrou est un "palier", autrement dit je ne me résous pas encore à m'assumer pleinement comme "de droite", et Bayrou me permet de faire ma mue en douceur... Au deuxième tour, on verra...
Bref, Bayrou est pour beaucoup une "soupape" utile plus qu'un vrai choix personnel... avec en prime la cerise de l'Europe sur son gâteau. Et c'est vrai qu'il est à peu près le seul à en parler...
Quelques mots sur Ségolène : elle refuse de s'exprimer sur 50% des sujets. Hier encore, elle a refusé de commenter l'exclusion du P.S. de Georges Frêche. Voilà un homme dont elle a souhaité l'exclusion, qui est désormais exclu, qui lui réaffirme malgré tout son soutien. Et elle n'a rien à en dire... Que ce soit pour refuser noblement son soutien, ou au contraire pour dire un mot gentil sur ce que lui inspire une telle fidélité au-delà de la sanction et de la teneur des propos. No comment. Affligeant. A se demander si elle attend le résultat d'un forum participatif sur Geoges Frêche avant de parler.
Bon, on n'a pas fini d'en parler avec tous ceux que ça intéresse. Les périodes électorales, on a beau dire, ça remue et ça fait causer ! Vive la démocratie, participative ou pas.