En plein week-end de Téléthon, une réaction par rapport à la polémique engagée par le Diocèse de Toulon et ses répercussions.
Sur la forme, les médias sont parfaitement à l'aise dans leur fonctionnement habituel qui se fonde sur l'émotion, la dénonciation scandalisée et l'absence d'approfondissement des enjeux. En tout cas les grands médias télé et radio. On caricature une nouvelle opposition entre les forces du Bien (le Téléthon) et les forces du Mal (les catholiques) avec une vigueur et un manichéisme qui rappellent étrangement, mutatis mutandis, les discours du honni Président Bush. Comme quoi !!!
http://www.lefigaro.fr/debats/20061130.FIG000000052_le_faux_proces_fait_au_telethon.html
En effet, il me semble que, comme dans l'affaire du préservatif, l'Eglise Catholique est dans son rôle lorsqu'elle s'autorise à rappeler son message ou sa doctrine, qui ont par ailleurs le mérite d'une certaine cohérence à défaut d'être toujours audibles. Le choix de la période et de la cible peut être critiqué dans l'affaire du Téléthon. Par rapport à de tels enjeux, eu égard à la souffrance de certaines familles et aux espoirs soulevés par l'opération, il faut évidemment rester très prudent dans les termes et éviter de heurter. Il faut peser les mots et les dates. Ce que d'ailleurs fait Mgr Rey dans son message du 18 novembre, me semble t'il :
Pour autant, pourquoi serait-il interdit à l'Eglise de poser des questions et d'inviter à la réflexion sur des sujets essentiels ? Bien sûr, on retrouve là toute la difficulté de parler en général de sujets qui, dans le particulier, touchent profondément des personnes. Une difficulté de toujours, que l'on retrouve face à l'avortement par exemple, mais aussi face à la peine de mort : allez expliquer face à face aux parents d'un enfant assassiné sauvagement que l'auteur du crime doit pouvoir ressortir un jour de prison et vivre une vie normale. Essayez de dire votre peu de goût pour un avortement légal reproduit à 200 000 exemplaires annuels, tout en sachant que telle ou telle gamine de 14 ans est incapable d'élever l'enfant qu'elle vient de concevoir...
Il arrive un moment où une institution se doit de délivrer son message. Rien ne l'empêche de le faire intelligemment et de choisir au mieux le "timing". Pour autant, un message institutionnel sera toujours un peu froid, impersonnel, général, voire doctrinaire. C'est ensuite, pour reprendre une distinction qui semble aujourd'hui totalement oubliée, que la "pastorale" prend le relais sur le terrain pour accompagner chacun. "Doctrine et Pastorale"... On pourrait évoquer cette complémentarité essentielle dans beaucoup de domaines.
En tout cas, dans ce cas précis du Téléthon, il ne me paraît pas scandaleux que l'Eglise rappelle sa position par apport à la génétique et à la science. Il serait bon que les grands médias cherchent à comprendre pour pouvoir discuter, proposer des débats qui approfondissent la question et permettent à chacun de se faire une opinion éclairée sur le sujet. Qui permettent aussi, pourquoi pas, à l'Eglise d'évoluer dans ses conceptions, éclairée par la société et les scientifiques. Au lieu de cela, ce n'est qu'anathèmes et indignations qui visent tout simplement à empêcher que le débat ait lieu... C'est dommage.